finalement elles étaient deux et pas trois
à me recevoir dans leur bureau de pôle emploi
des femmes de mon âge maquillées gentiment
m'ont demandé comment j'en étais arrivé là
j'ai refait pour ces deux inconnues le chemin des dernières
années passées dans le tunnel , énonçant les morts
j'en sors étourdi et lessivé comme un témoin télévisé
dans faites entrer l'accusé - résumant à l'excès mes crimes
ai-je dit ma mère ou ELLE ? ai-je dit mon meilleur ami
ou mon frère ? cancer ou documentaire ?
elles ont eu l'air de me croire.
mardi 12 novembre 2019
approche toi plus près du précipice historique
loin du vertige des rayons de supermarchés
qui te font trembler les genoux de plaisir
approche toi plus près de l'humanisme
qui dévale les puits sans fonds barbares
en s'écorchant les fesses et les joues à tous les âges
approche toi plus près de l'enceinte
si tu n'as pas de casque -
et écoute moi avant que ton crâne éclate :
s'ils ne peuvent avoir les gays et les trans -
les anars et toute la fange géniale qui jouit sans eux -
ils s'en prendront aux musulmans libres et à tous les réfugiés
évadés.
(un jour petit homme, tu écriras tes propres chansons
avec le pouvoir contemporain de Margot J.Libanga, d'Edith Jourdan et Jeanne Bonjour.
Mais il te faudra d'abord oser quitter ta chambre ikéa et tes dons hérités , pour aller te pencher comme elles devant le précipice des voyants, et nous raconter ce que tu y vois, par-de-là les bons cœurs et les frayeurs poétiques qui t'ont élevés.)
On est un mardi de novembre en France à feu et à cran
et je repense à tes votes des dimanche passés
pleins d'espoirs incultes engloutis avec des poulets-frites inconséquents.
Tes mains immaculées comme des seins pâles en bouquets remplissaient les urnes de la démocratie crue
et tu riais de baisers gourmands, lâches et tordus.
A quoi pensais-tu pauvre couillonne européenne pendant qu'ils détroussaient les dieux grecs, avant qu'un beau gamin s'immole cette semaine dans tes rues ?
samedi 9 novembre 2019
je voudrais savoir comment tout ça fonctionne
pour ne jamais reproduire les mêmes erreurs
quand je serai crevé.
j'ai lu toute l'ouvre de de Boris Vian
les six pavés de la recherche du temps perdu
la cinquantaine de San Antonio et les trois tomes de mémoires
de De Gaule sans compter l'oeuvre de SPR et des irlandais,
Steinbeck, Mitterrand, les revues Historia et les poètes classiques et surréalistes ....
Las, je ne peux rien te répéter
ni les bulles de Spirou , Tintin, Asterix , Mickey et Roule ta bille...
j'erre avec tout ça comme un sdf
Et encore...
J'ai vu tous les Chaplin... - bref : de Hulot
à Cassavettes en passant par Bergman et
Kubrick via Godard et Truffaut, Kurozawa etc... ...j'ai pas raté grand chose.
Sans compter toute l'histoire du jazz , du funk et du classique
old school ou contemporain et concret que j'ai ingurgité.
Je me souviens encore des noms importants de l'histoire de la photographie .
Je connais l'histoire du Net et les noms des sites et des journalistes
qui résistent.
Et je me demande encore comment j'ai pu oublier ton nom...
Lolita
j'ai enfin l'âge d'être assez vieux pour toi
mais comme je te l'ai toujours dit
en fixant ton regard grand ouvert
- remonte tes soquettes et bombe
ton torse anti-totalitaire.
Lolita
tu peux prendre tous les airs révolutionnaires
qui me plaisent, je t'attends depuis que je suis ado
sans séduire dans les cinémas littéraires en ruines.
Lolita
descends de l'affiche
déhanche ton cul dans la poussière
laisse moi refaire ton lacet une dernière fois
et pars dans les rues du futur agonisant sucer ton sucre séduisant au nez et à la barbe des lâches envieux de ta glorieuse liberté,
Lolita.
jeudi 7 novembre 2019
A la porte des chiottes du Pub McCartan, un gars agressait sa copine dans la cohue. Accoudé à rien branler sur le zinc j'ai sauté du tabouret pour ramasser la beigne à sa place.
Oeil pour oeil, dents pour dents
Tu crois quoi Arvo Prät ?
Allongé parterre, je voyais ses yeux bleus exorbités et sa bouche maquillée en rouge me chanter ton credo catho - "mêle toi de ce qui te regarde connard !".
lundi 4 novembre 2019
mon dos is back
louée soit ma sister infirmière
fée de ma reconquête sans opérer
mon dos is back
je reconnais mes traits dans le miroir
rincé des douleurs passées
mon dos is back
je peux crier sans douter,
comme le premier jour où je suis né
mon dos is back
hâte d'aller couper du bois dans le jardin
tellement j'y crois pas
mon dos is back
je vais rassembler les haches et les coins
et lui en faire baver en retour
mon dos is back
good to U et welcome home gémeau
maintenant tu peux crever !
ELLE : éh commencez pas à vous battre, ça se fête les gars !
Mmm : (on est combien là-dedans ?)
Back : salut connard.
Humanisme : il vous reste une bière ?
Dr Boixelles : faites Ah...
Picolo et Dolly : woof !
Pole emploi : pas mieux !
Les idées ricochent quand on a trop vécu
Je pourrais écrire le mot Pied
et finir sur la Lune.
Maintenant j'Ecris
comme un Chimpanzé
Fricotant dans les branches
Et c'est un Putain de Plaisir
de se Gratter le Crâne Dégarni
sans Craindre de Tomber
plus Bas .
Vous faites la vaisselle chez vous ?
Ici j'ai longtemps utilisé la machine avant de l'abandonner.
Je crois que je pourrais écrire un bouquin à la con
sur les bienfaits dans la tête de cette corvée enfantine.
Titre : "Je peux débarrasser ?"
Liste des chapitres à dégraisser:
Un bain moussant pour rincer l'esprit
Un don de soi pour la collectivité
Et un semblant de collectivité dans la solitude
Une remise à jour des vieux plats garnis
Une caresse aux couverts zusés
Et aux rouges à lèvre gourmands
Une lutte acharnée contre le cramoisi
L'âtre des mains froides qui n'ont plus de culottes à branler
Une énième vanité à essuyer
Un art de la propreté éphémère
"Les verres et les tasses d'abord !", dans le naufrage du Titanic :
Un savoir faire anarchique de survie .
Un parfum de citron évacué dans le siphon capitaliste
Un miroir sans fond dans nos petites cuisines intimes
Un temps pénible fièrement exécuté
Et l'éternelle casserole oubliée au fond du four ...
Quatrième de couve :
Tout est politique devant l'évier.