samedi 29 décembre 2018

Bon pendant que les culottes jaunes sont sorties dans les capitales en ce samedi, on peut s'intéresser aux guitares jaunes et leur poésie crade et la misogynie qui tournent aux coups de pieds dans les burnes ? - Et aussi à cette boucle rythmique suave qui bande éternellement quand Macron dépéri inéluctablement :

 https://www.youtube.com/watch?v=6f4BwQFF-Os&fbclid=IwAR0w6oIV3adG4AICKUeWVh8ymqi8Y7x6c3FvAccp28Xc47Y4dC3B_FVWuFo


Non, y aura pas de révolution sans sexe ! Appelez toutes les beautés à la rescousse : les transgenres, les homos et les quadruplés multi-sexués qui n'ont qu'un cœur en tout et pour tous !

y aura pas de révolution sans culottes jetées : imagine un autre chiffon ou rien d'autre - imagine d'autres imaginations et d'autres rapports inconnus qui n'ont rien à voir avec le plomb ambiant...Crée un bordel spirituel comme le mien, où le temps est puissant et inaltéré....- où la seconde et les années n'ont aucun sens inné - où j'étais plus vieux quand j'avais vingt ans qu'à cinquante, où j'entre et sors du vagin maternel librement, et fais l'amour à six amoureuses rajeunies en même temps littéraires indéfinis, pendant que mon cœur brûle dans un hospice des années soixante-dix !

ELLE : tu te souviens de tout ?
Mmm : non je sais l'essentiel en ayant tout oublié. Ne demande pas à un cheval qui galope, s'il sait trotter - je danse mieux les quarts-temps et les croches que la gavotte !
ELLE: tu es un âne agité !
Mmm: mais je galope un peu, ou pas ?
ELLE: mmm... - refais ton lit pendant que je range ma garde-robe.

https://www.youtube.com/watch?v=TxdlbQ79RcM

mardi 11 décembre 2018

Chanson interrompue:

Dans une nuit bretonne pleine de musiques connes
j'ai tendu ma main gelée à une blonde dorée
Une autre nuit bretonne glacée
j'ai épousé une conne pour me réchauffer

(Refrain à la con)

J'étais embarqué pour un week-end sur un vieux gréement
à quinze ans -
Copains et moussaillons accostions de nuit sur la plage de sable
de St Cast le Guildo.
En sortant de l'aviso, au bout de trois pas j'ai vu cette fille inconnue
dans la fête du village - car personne d'autre ne pouvait danser comme ça.
Ses parents chantaient des trucs con autour d'un feu de joie,
quand elle a lâché leurs petits doigts pour me rejoindre... -
J'ai d'abord cru que c'était TOI , mais ses cheveux étaient bruns comme du goémon ...

(répétez deux fois les phrases écrites ci-dessus si vous êtes bretons)

ELLE : oublie la gavotte, moussaillon ! - Et danse comme ta grand-mère te l'a appris amoureusement  avec les aiguilles du tricot et les pelotes de laines catholiques - Et fais comme ton instinct te le dicte en gueulant librement  autour du feu des migrants sous les chapiteaux de l’exile et en te gavant du Kig ar fars d'Anna, avant qu'elle te révèle qui JE suis :  une rousse musulmane avec des tâches de rousseur , née d'une fête foraine en Bretagne ou d'ailleurs!


Il n'est pas trop tard ,
Sortez de vos grottes, bande de néandertaux !
Rassemblez vos vies et vos souvenirs
Rassemblez vos culottes et vos envies
Rassemblez vos os rongés et vos factures
Rassemblez vos molécules rupestres et vos nerfs en pâture
Rassemblez vos rendez-vous de cinq à sept à midi tapante
Rassemblez vos encolures offertes aux baisers timides de spéculateurs à découvert
Rassemblez vos manches de fourches retroussés jusqu'aux biceps
Rassemblez vos muscles pigmentés sur la pierre maternelle
Rassemblez vos stèles bancaires et vos défauts de paiements écartelés
Rassemblez les baisers universels et les mots gelés sur les épaules chaudes et bronzées
Rassemblez la fleur et l'oiseau , la fière et le résistant antarctiques
Rassemblez les bisons banquiers repus dans leurs piscines gigantesques, construites aux derniers étages des avenues dorées
Rassemblez l'humanité éparpillée en tous temps, pour que Margot passe un bel été
Sortez vos miches et vos smileys dans la rue, pour que les enfants  s'émerveillent de la beauté anarchique des fesses terrestres - Sortez vos pousses ankylosés et vos cœurs atrophiés du poste numérique malin - et révolutionnez l'air grotesque ambiant , macronien et lacrymo-génant.

ELLE : Je voudrais sortir ce soir  - offre moi des jarretelles blanches..?
Mmm : mais c'est la dèche néandertale, mignonne - enfile ton gilet jaune et rien d'autre !



mercredi 5 décembre 2018

Rien ne doit redevenir comme avant -
Les filles t'apprennent ça très tôt - la mort aussi.
Et la jeune pie qui s'envole en voyant son frère
tombé du nid dévoré par les chats te le dit :
Rien ne doit redevenir comme avant.

Rien ne doit redevenir comme avant -
Le coût de la vie des gilets jaunes et
Les économies dorées des fortunés
Englouties dans les paradis fiscaux -
Rien ne doit redevenir comme avant.

Rien ne doit redevenir comme avant -
Même les révolutions changent d'habits
Et les prêts à vie bancaires se retournent comme
Des porsches dans une avenue à bout de bras -
Rien ne doit redevenir comme avant.

Rien ne doit redevenir comme avant,
Les horaires augmentent, les cours du CAC fluctuent à la hausse
Et ta ceinture se resserre comme la queue d'un vieux serpent
sifflant les promesses néo-libérales d'antan.
Rien ne doit redevenir comme avant.

Impose ton temps - Rien ne doit redevenir comme avant
Jouis de ton corps - Rien ne doit redevenir comme avant
Danse avec la planète sous un olivier abîmé - Déchire les bas résilles des monarques masqués dans la rue - tape une ligne sur ton clavier , rétablis le climat avec tes doigts d'argile et refais l'amour à une nouvelle démocratie culottée ...
Rien ne doit redevenir comme ça l'a été.







lundi 3 décembre 2018

ELLE : Il faut que tu sortes de la chambre, ils vont changer mes draps .
Mmm: Ok, je descends au port chercher du tabac chez Valentin et je reviens.
ELLE : Et n'oublie pas de ramener le dernier Spirou !

(permettez que je joue avec les boutons digitaux de l'ascenseur temporel de Ponchaillou et ceux du distributeur de billets du port  de Binic, dans les Côtes d'Armor où j'écris des souvenirs pas plus longs qu'un digicode...)

ELLE : Madame, il part dans combien de jours le garçon de la chambre d'à côté ?
Blouse blanche : Tournez-vous - Levez la tête - Vous voulez un autre oreiller ? Je reviens dans une heure...- Un conseil : ne vous attachez pas trop à ce garçon.

A l'époque les hôpitaux regorgeaient déjà de gamins – Je réintégrais un lit pour dix jours dans un service que j'avais quitté et oublié depuis cinq ans - ELLE semblait être là depuis toujours. Je débarquais dans son monde. Rien de ce désert de confort ne lui semblait étranger, ELLE m'intégrait. En échange, je lui offrais des bonbons et des éclats de rires. Mais mes cadeaux n'étaient pas nécessaires. ELLE était a-vie-de. Aucun parent ne venait lui rendre visite, les infirmières étaient ses bonnes fées. J'étais son petit prince. ELLE était une force de vie et de volonté sur-enfantine. Une aimante.

Pendant ces dix jours , les adultes pouvaient bien nous piquer de la tête aux pieds, ELLE et moi étions shootés l'un à l'autre - « toi aussi ils t'ont endormi avec le masque, beurk, ahahah » - Je m'étais préparé à l'enfer et découvrais le paradis. Alors, j'ai commencé à entendre des bribes de discussions entre ma mère et les infirmières, « gilles va bientôt rentrer chez vous, ça va être compliqué à gérer pour ELLE, mais surtout pour lui », «pourquoi?- il pourrait revenir la visiter ? », « non madame, ce n'est pas possible...à long terme », « c'est sans espoir ? »...

Je crois que j'avais déjà compris quand ma mère a eu le courage de m'expliquer. C'est elle aussi qui a convaincu le service qu' ELLE et moi devions avoir un moment pour nous dire ADIEU (« vous avez raison madame, il faut faire ça bien ») - Je ne me souviens que d'un seul mot que nous avons échangé ELLE et moi dans ce chaos : ADORE (je pense que c'est moi qui l'ai prononcé, mais il lui ressemble davantage) - Et quels cadeaux nous sommes-nous échangés ? Je crois que nous avons été beaux et dignes, comme deux docteurs .

Dans le long couloir qui nous mène à la sortie de l'hôpital, le regard de ma mère est fixé droit vers la lumière du jour, vers la maison, où je vais retrouver mes quatre sœurs.
Elle n'ose me regarder, sa main me sert fort alors que je n'oppose aucune résistance, elle me dit des choses que je n'entends pas, elle a des larmes – Je n'avais pas l'âge de comprendre la mort mais j'en découvrais les arguments, et sa conclusion, source des torrents de larmes. En me remémorant ce moment du départ dans le couloir, je me place adulte parmi tous ces gens du service nous saluant en larmes, extraordinairement immobiles, et à jamais prostrés vers ELLE.

Ado, je fais ma première déclaration à une jeune fille gâtée par la nature. Je la raccompagne près de chez elle et remonte un quai rennais. Une sirène de pompiers résonne, mon cœur s'affole, panique, puis parviens enfin à reprendre son chemin...

A un âge plus sérieux, le cœur battait le pavé toujours plus effrontément. Seul le mot ADORE sorti d'une bouche ravissante, résonnait comme une sirène de pompiers, mais sans que je ne sache plus pour quelle raison.

J'ai quarante neuf ans. Et bien que n'ayant jamais cessé d'arpenter les couloirs des hôpitaux, j'avais fini par tout oublier d'ELLE - Ou le monde m'était devenu un grand dispensaire familier de maladies incurables ? - Jusqu'à-ce que ma sœur Anne et son Célio ne viennent prendre une cuite binicaise à Pacques. « Mélenchon va gagner, c'est certain ! - Il est quelle heure ? - cinq heure, tu veux finir le Rhum ?- Et comment elle s'appelait ta petite copine à l’hôpital ? »
Depuis, je continue de chercher son prénom. Et ces bribes de souvenirs me sont revenues le lendemain matin en tombant sur cette ritournelle de Prince (« Adore »), que j'ai pourtant écouté mille fois .
Seuls les adultes ne tiennent pas leurs promesses...

ELLE : ah enfin te revlà - T'as le spirou ?

Mmm : La mer était grise avant  que la nuit tombe - le vent soufflait en rafales à toutes les heures que je parlais à Elodie et Marie , et d'autres innombrables filles magnifiques  rencontrées selon des âges définis par l'ascenseur temporel hospitalier  - Puis j'ai pu profiter d'une accalmie météo-intime pour démarrer ma vieille bourrique à essence et remonter les pentes dépressives de la Ville Jacob binicaise et parvenir au plus vite à notre chambre avant que les néons de notre couloir s'éteignent : touche ma peau, remonte ta couverture, allume la veilleuse , endors toi et fais de beaux rêves - Et tiens Spirou, Le Monde Diplo et Politis - l'Humanité , les vieux Cahiers du Cinéma, et tous les Charlot mon amour.

ELLE : mais on m'a dit que tu quittes l'hôpital demain ? 

Mmm : yep - je viendrai te dire adieu demain - mais comme toujours, je reviendrai un jour...

Tiens tous les Boris Vian , ouvre le châtiment de Raskolnikov et les crimes de Céline - tiens la mère de Gorki - tiens les jardins de Verlaine , Rimbaud et Villon- Vit les cent ans d'Aureliano Buendia - Et envole toi avec le moineau écarlate de Bukowski - Et Zarathoustra...

- Belle(s) insurrection(s) à toutes et tous .