Ma grand-mère me construisait bourgeoisement
des duffle-coat élégants et piquants avec amour
Ma mère m'a déguisé avec des godasses aux bouts carrés,
je l'ai obligée à m'acheter des bottes camarguaises ridiculement chères
Son tendre frère se croyait malin en nous vantant les bien faits
du vote pour Jean-Marie Le Pen
Pendant ce temps la famille communiste de mon père
est devenue millionnaire.
C'est un monde de s'éveiller en dehors de Ponchaillou, ma bELLE.
ELLE : je dormais si bien pendant toutes ces longues années... pourquoi m'as-tu réveillée - et qui es-tu ?
Mmm: ... ton prince dé-charmant ?!
(ELLE : pfff... t'es con, t'aurais dû m'embrasser d'abord ! - Mmm : si tu veux je peux corriger...? - ELLE : nan , dépêche toi et ferme la porte !)
https://twitter.com/EDivergences/status/1088465232593334272
vendredi 25 janvier 2019
partant de là,
de notre chambre de Ponchaillou,
l'air devenait évidemment plus respirable
que le gaz anesthésiant envoyé dans nos masques.
partant de Binic,
quarante ans plus tard et quelques cailloux
reçus dans l'oeil et la bouche
l'air est plus euphorisant à force qu'il devient macabre.
Un gaz anesthésiant, une gaze sur le pansement -
Cette obsession barbare de l'humanité littéraire et chirurgicale.
( download your "Remedy" here :... - Error robot 404: stéthoscopez vous vous-même : enter your logg-in - Error Loggin - try your google account or gaz your self )
de notre chambre de Ponchaillou,
l'air devenait évidemment plus respirable
que le gaz anesthésiant envoyé dans nos masques.
partant de Binic,
quarante ans plus tard et quelques cailloux
reçus dans l'oeil et la bouche
l'air est plus euphorisant à force qu'il devient macabre.
Un gaz anesthésiant, une gaze sur le pansement -
Cette obsession barbare de l'humanité littéraire et chirurgicale.
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lundi 21 janvier 2019
manif des Marianne jaunes, dimanche dernier au marché du quartier de la Croix St Lambert de St Brieuc:
J'y suis allé pour faire le nombre en pensant qu'elles ne seraient que douze après la manif de la veille...
Ébahi par les deux cents (ou plus?) femmes réunies avec leurs gamins et leurs maris comme dans un carnaval joyeux et vainqueur, je suis parti au bout d'une demie heure -
Elles, paradant fièrement déguisées en Marianne éborgnées avec des bonnets phrygiens cousus à la main et l'oeil maquillé d'un rouge à lèvre dégoulinant, et leurs mecs portant des tee-shirts blancs floqués avec l'inscription " service d'ordre" (ou "sécurité", j'ai oublié), géraient les joyeux gamins excités dans les travées du marché comme une seule grande troupe de migrants solidaires.
Devant leur bonheur familial et leur détermination inlassable à vaincre joyeusement les averses et le climat macronien, j'étais soudainement envahi par le souvenir vague de SON énergie, SA beauté, SA sagacité et SES espiègleries - Me sentant inutile avec ma solitude, je me suis donc vite extirpé.
ELLE était aussi dans ce marché populaire briochin où je me suis enfoui - où toute l'humanité grimée et carnavalesque s'émancipe tous les dimanches autour de victuailles colorées, avec ses peines et ses joies essentielles.
Deux heures plus tard, et à quarante cinq ans d'intervalle, je ramenais leurs légumes à la maison de Binic, comme les Spirou dans notre chambre d'hôpital à Ponchaillou...
ELLE: un choux fleur, une botte de poireaux et des carottes multi-colorées et des bananes bio...Miam !
J'y suis allé pour faire le nombre en pensant qu'elles ne seraient que douze après la manif de la veille...
Ébahi par les deux cents (ou plus?) femmes réunies avec leurs gamins et leurs maris comme dans un carnaval joyeux et vainqueur, je suis parti au bout d'une demie heure -
Elles, paradant fièrement déguisées en Marianne éborgnées avec des bonnets phrygiens cousus à la main et l'oeil maquillé d'un rouge à lèvre dégoulinant, et leurs mecs portant des tee-shirts blancs floqués avec l'inscription " service d'ordre" (ou "sécurité", j'ai oublié), géraient les joyeux gamins excités dans les travées du marché comme une seule grande troupe de migrants solidaires.
Devant leur bonheur familial et leur détermination inlassable à vaincre joyeusement les averses et le climat macronien, j'étais soudainement envahi par le souvenir vague de SON énergie, SA beauté, SA sagacité et SES espiègleries - Me sentant inutile avec ma solitude, je me suis donc vite extirpé.
ELLE était aussi dans ce marché populaire briochin où je me suis enfoui - où toute l'humanité grimée et carnavalesque s'émancipe tous les dimanches autour de victuailles colorées, avec ses peines et ses joies essentielles.
Deux heures plus tard, et à quarante cinq ans d'intervalle, je ramenais leurs légumes à la maison de Binic, comme les Spirou dans notre chambre d'hôpital à Ponchaillou...
ELLE: un choux fleur, une botte de poireaux et des carottes multi-colorées et des bananes bio...Miam !
mardi 15 janvier 2019
Manif de l'acte-neuf à St Brieuc.
Je pars de Binic accompagné d'une sinusite carabinée, fidèle et tenace (on n'a que ce qu'on mérite, n'est-ce pas ?) - Arrivés sur place, nous décidons de prendre un café et un Nurofen en terrasse avant d'aller défiler sous le crachin briochin.
A la table d'à côté, un autre couple de manifestants plus jeune et plus cool, attend aussi le coup d'envoi de la manif en sirotant un demi pétillant.
Au fond de la tasse, on regarde en se mouchant la nouvelle maison de ma tante Elise à Montamel et les pierres tombales de la famille qui se superposent sur les deux morceaux de sucres...- "ça manque de musiciens, hein ?" - Le jeune homme d'à côté barbu comme un viking m'interpelle - " ils sont où les intermittents ?! ... j'ai pourtant plein de copains musiciens et j'essaie de les faire venir mais ils ne bougent pas..."
Les sinus bouchés j'ai ri et acquiescé en ayant l'impression de m'exprimer à travers un masque de plongée. J'aurais voulu lui raconter mieux le comique de la situation - à quelques mois près lors d'une autre manif pour les cheminotes et à peu près au même endroit, un autre gars m'avait interpelé pareillement sur l'absence des intermittents ...- mais la barre de pression autour des orbites oculaires se répandait jusqu'aux tympans et l'effort de raisonner et d'articuler une phrase devenait insurmontable - Et il était l'heure d'aller nager avec la foule ... "Macron démission!".
Navigant pendant des heures avec trois mille conquérants dans les rues de la ville et enfermé dans mon scaphandre intérieur, je n'avais plus à l'esprit que les profondeurs du temps passé où j'étais jeune intermittent avec mes amis - et j'avançais dans la foule jaune avec ces derniers mots du jeune viking en tête, éparpillés comme des bulles d'air errant dans mon océan de regrets: "sont-ils devenus lâches ou ont-ils toujours été des salauds !?"
ELLE : et...?
Mmm : quoi ?
ELLE : tu n'as rien à me raconter de ce qui se passe ?
Mmm : bah , que veux-tu que je raconte et que tu ne sais déjà ?
ELLE : c'est qui cette putain de Miss Sinusite avec qui tu traines, salaud !?)
Mmm :ahahahah...- couvre toi bien !
Je pars de Binic accompagné d'une sinusite carabinée, fidèle et tenace (on n'a que ce qu'on mérite, n'est-ce pas ?) - Arrivés sur place, nous décidons de prendre un café et un Nurofen en terrasse avant d'aller défiler sous le crachin briochin.
A la table d'à côté, un autre couple de manifestants plus jeune et plus cool, attend aussi le coup d'envoi de la manif en sirotant un demi pétillant.
Au fond de la tasse, on regarde en se mouchant la nouvelle maison de ma tante Elise à Montamel et les pierres tombales de la famille qui se superposent sur les deux morceaux de sucres...- "ça manque de musiciens, hein ?" - Le jeune homme d'à côté barbu comme un viking m'interpelle - " ils sont où les intermittents ?! ... j'ai pourtant plein de copains musiciens et j'essaie de les faire venir mais ils ne bougent pas..."
Les sinus bouchés j'ai ri et acquiescé en ayant l'impression de m'exprimer à travers un masque de plongée. J'aurais voulu lui raconter mieux le comique de la situation - à quelques mois près lors d'une autre manif pour les cheminotes et à peu près au même endroit, un autre gars m'avait interpelé pareillement sur l'absence des intermittents ...- mais la barre de pression autour des orbites oculaires se répandait jusqu'aux tympans et l'effort de raisonner et d'articuler une phrase devenait insurmontable - Et il était l'heure d'aller nager avec la foule ... "Macron démission!".
Navigant pendant des heures avec trois mille conquérants dans les rues de la ville et enfermé dans mon scaphandre intérieur, je n'avais plus à l'esprit que les profondeurs du temps passé où j'étais jeune intermittent avec mes amis - et j'avançais dans la foule jaune avec ces derniers mots du jeune viking en tête, éparpillés comme des bulles d'air errant dans mon océan de regrets: "sont-ils devenus lâches ou ont-ils toujours été des salauds !?"
Mmm : quoi ?
ELLE : tu n'as rien à me raconter de ce qui se passe ?
Mmm : bah , que veux-tu que je raconte et que tu ne sais déjà ?
ELLE : c'est qui cette putain de Miss Sinusite avec qui tu traines, salaud !?)
Mmm :ahahahah...- couvre toi bien !
vendredi 4 janvier 2019
Il faut comprendre parfaitement Crépuscule, de Juan Branco (112 pages, décembre 2018) :
Ce qui se passe après les soixante dix premières pages est parfaitement violent , comme le vent du peuple de 2019.
Le gars tient un type de son âge par les couilles d'une main, un alter égo qu'a fait les choix opposés aux siens, et ne le lâche pas jusqu'à ce que le sang gicle, en tenant de l'autre main la gamelle qui récupère le fiel de la bête.
Gabriel Attal, le porcelet rose élevé dans le nouveau monde macronien (venez-me-chercher!) , à peine sorti du collège bourge d'Alsace en plein Paris, est suspendu à un crochet de boucher par ses parties les plus intimes en pleine place publique littéraire, via twitter et facebook (@anatolium) - Et c'est une putain de responsabilité de le faire et de le publier, en pleine insurrection jaune.
Ce qui se passe après les soixante dix premières pages est parfaitement violent , comme le vent du peuple de 2019.
Le gars tient un type de son âge par les couilles d'une main, un alter égo qu'a fait les choix opposés aux siens, et ne le lâche pas jusqu'à ce que le sang gicle, en tenant de l'autre main la gamelle qui récupère le fiel de la bête.
Gabriel Attal, le porcelet rose élevé dans le nouveau monde macronien (venez-me-chercher!) , à peine sorti du collège bourge d'Alsace en plein Paris, est suspendu à un crochet de boucher par ses parties les plus intimes en pleine place publique littéraire, via twitter et facebook (@anatolium) - Et c'est une putain de responsabilité de le faire et de le publier, en pleine insurrection jaune.
Cet après-midi j'ai croisé un nouveau visage doux comme il ne m'avait été permis depuis longtemps - On aurait dit un coussin rempli de plumes parfaitement rond et dessiné à la main.
Dans un groupe réunit devant la mairie briochine, elle m'a accueilli d'une voix douce en demandant sagement de signer la pétition pour le RIC - et avec un aplomb qui m'a fait croire une minute que Macron avait disparu.
Rien est certain, mais avec son savoir faire on aurait dit une infirmière - Tout est permis, à demain.
GJ - jour 1.
Dans un groupe réunit devant la mairie briochine, elle m'a accueilli d'une voix douce en demandant sagement de signer la pétition pour le RIC - et avec un aplomb qui m'a fait croire une minute que Macron avait disparu.
Rien est certain, mais avec son savoir faire on aurait dit une infirmière - Tout est permis, à demain.
GJ - jour 1.
mercredi 2 janvier 2019
Ce matin une ange m'envoie ce message désespéré - "La vie s'est arrêtée il y a 7 ans, pour de vrai."- Le temps de croiser une vague sur le port en allant acheter mon rhum, j'avais compris en revenant dans la maison de ma mère décédée en deux-mille-douze que la réponse était dans le chiffre magique qu'elle avait inscrit.
Puis ELLE s'est réveillée : vous étiez combien ?
Mmm : Nous étions 7 , en comptant le père pognon néant.
Oh et puis merde, comptez les vagues vous-même ! ( y en a toujours un multiple de 7 , fucking mathématiques Diego ! )):
Puis ils se sont tous réveillés (putain de rhum !) - La mère de mes grandes sœurs, mes douze oncles et mes six grands-parents, les bataillons d'innocents algériens, le jeune frère d'une amie de collège renversé dans les rues de St Gilles, Alain , Anthony , Lila, Monsieur Rougerie et de nombreux amis , m'ont demandé : combien étais - tu ?
Mmm : je n'étais qu'un linceul avec ELLE dans une chambre d' hôpital de cinq à 7 , fucking hell !
Puis ELLE s'est réveillée : vous étiez combien ?
Mmm : Nous étions 7 , en comptant le père pognon néant.
Oh et puis merde, comptez les vagues vous-même ! ( y en a toujours un multiple de 7 , fucking mathématiques Diego ! )):
Puis ils se sont tous réveillés (putain de rhum !) - La mère de mes grandes sœurs, mes douze oncles et mes six grands-parents, les bataillons d'innocents algériens, le jeune frère d'une amie de collège renversé dans les rues de St Gilles, Alain , Anthony , Lila, Monsieur Rougerie et de nombreux amis , m'ont demandé : combien étais - tu ?
Mmm : je n'étais qu'un linceul avec ELLE dans une chambre d' hôpital de cinq à 7 , fucking hell !
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