mercredi 26 février 2020

qui ne crie pas encore ?
celui qu'aucun chien n'a mordu le beau visage
celui qui n'a jamais sorti une progéniture de son cul
celui qui n'a jamais aimé aucune inconnue
celui qui ne connait pas la chimio
celui qui n'est parent d'aucun esclave dans aucun camp
celui qui n'a pas perdu d'enfant et qui ignore Assange
celui qui ne s'est jamais fait éborgner en sortant son gilet jaune du coffre de sa berline.

qui ne crie pas encore, avec nous autres ?
un néo kapo télévisuel qui couine sagement en écho avec
un néo rat capitaliste qui s'enrichit de nos sons déchirants,
sifflant vulgairement la fin de nos retraites avec ses griffes baguées
d'or tâché de sang.

vendredi 21 février 2020

je n'en reviens toujours pas de ce moment intime quand la radio passait ça à la radio publique.
j'y connaissais rien du sex - mais mieux en dégueulasseries littéraires.
je me battais pour chopper mon bac scientifique, et ma radio jouait de tous mes sens en pleine liberté, pendant mes révisions -
j'en rageais déjà au près de ma mère chérie en feignant de me vanter d'obtenir un diplôme dont je n'avais déjà plus rien à foutre... Dévoué aux flux et reflux des marées, que j'étais devenu ! -
(ça s'appelle une révolution culturelle, les jeun's)


ELLE : salut vieux joli coeur - chauve et gros sous ta littérrature en blog : ta révolution est attendue dans tous nos corps magnifiquement musclés ou  défunts !

ah mais pourquoi il me faut naturellement mettre un mot après l'autre comme un pied devant l'autre ,
ou une gorgée après l'autre ?

une gorgée après l'autre...une gorgée après l'autre...
pour une phrase.... pour une phrase après l'autre.

que faites-vous d'autre ?








Etre lu ou ne pas l'être  ? - c'est une drôle de question
quand on écrit pour soi ou personne et qu'on publie aux autres sur un blog et fb !
je me souviens que mon beau beau-frère ne me comprenait pas
- "mais biensûr que tu veux être lu par tous"!
Là je viens de repérer qu'une de mes publications du blog a été lue par vingt-neuf personnes (quand j'en compte dix au max en moyenne) - et je me sens déjà très dégueulasse !
Je ne publie que dans l'univers, de mars à neptune, beau frangin.

Je n'ai pas fait d'enfants, je n'ai fait que des films cachés.
Je hais les spectateurs et ignore les lecteurs.
Je suis l'humanité, détachée des astres, qui de mars à neptune n'existe pas. 

Les placards de ma chambre sont remplis
de photos et de films noirs et blancs enfermés
en vrac dans des boites en carton.
Mais il faut que je sorte dans le jardin vert de Binic,
car on est en février deux mille vingt,
et derrière les fenêtres de la maison
l'herbe du jardin est haute comme en avril.




mardi 4 février 2020

ma nièce et mes neveux m'invitent à leurs génies grandioses,
et je leur réponds avec des vieilleries accumulées
ressorties des placards à livres de Binic comme des petites culottes
choisies quand tout craignait déjà dans les commodes du monde.