Le jour même du décès de ma mère, j'ai mordu le crâne rasé de mon père - j'étais plus apte à l'exercice que mes quatre frangines... - Qui va hériter de quoi , et qui décide ? - "Pas toi : nous tous mais pas toi, ou je te crève aussi !" -... Les mots sont un héritage grandiose qui nous transpercent à chaque heure de notre âge.
Pendant qu'elle agonisait sans lui à Ponchaillou - j'embrassais le front de ma mère en répétant inlassablement ces mots venus d'ailleurs: "tu es belle - tu es belle , tu es belle..." - Ces mots sortaient d'un monde charnel qui n'existait pas entre elle et moi, et je ne comprenais rien à ces mots sortis de ma bouche en alerte - - J'aurais voulu mieux exprimer les choses amoureuses , venues du ventre et de l'esprit maternel - Dire avec les tripes l'au-secours du chaos sentimental et le manque intellectuel total...et quoi d'autre !- Mais en m'écoutant collé à son front, je me suis souvenu de ce souvenir tendre qu'elle m'avait raconté - je ne sais plus quand ni comment : les dernières paroles de son père qu'elle avait en mémoire étaient celles-ci - "tu es belle" ! .... L'écho chanté dans les couloirs de Ponchaillou.
https://www.youtube.com/watch?v=sxKF19jYk68
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